Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

ISLAMISME - Ce week-end au parc des Expositions de Pontoise, se tiendra la troisième édition du Salon musulman du Val d'Oise, dédié à "la femme musulmane". Aux sympathiques espaces Shopping, Vie active et Cuisine s'adjoint un programme de conférences réunissant des prédicateurs fondamentalistes aux discours pour le moins virulents.

Rachid Abou Houdeyfa, imam de la mosquée de Brest, proche du Collectif contre l'islamophobie en France, enjoint sur les réseaux sociaux les femmes musulmanes à porter le voile "islamique" sous peine d'encourir les feux de l'Enfer dans l'au-delà, et des agressions sexuelles en ce bas-monde: "Si la femme sort sans honneur, qu'elle ne s'étonne pas que les hommes abusent de cette femme-là."

S'il se défend d'être salafiste tout en préconisant de suivre le modèle des premiers compagnons du prophète Mohammed, c'est en vertu du principe de non-division de la "nation musulmane", la Oumma, un concept théologico-politique. Il était déjà l'un des invités du Salon en 2013.

Nader Abou Anas, imam de la mosquée Al Imane du Bourget et président de l'association D'Clic se référant notamment à Ibn Taymiyya ("source d'inspiration tant pour les salafis quiétistes non politisés et opposés à la violence que pour les djihadistes qui cherchent des justifications idéologiques à la violence de leurs actions" [1]), explique le plus sérieusement du monde que "la femme (...) ne sort de chez elle que par la permission de son mari" et que si elle refuse d'accomplir le devoir conjugal sous l'injonction de son époux, "les anges la maudiront toute la nuit".

Hatim Abou Abdillah, imam de la mosquée As Salam de Maisons-Alfort, promet aux femmes coquettes et parfumées, gracieusement nommées "fornicatrices", un "châtiment atroce".

Éric Younous considère que les juifs sont punis par Allah, tandis que Mehdi Kabir considère les "mangeurs de porcs" comme "les gens les plus sales".

Cette édition du Salon musulman du val d'Oise devrait donc, selon toute logique, être rebaptisée "Salon fondamentaliste du val d'Oise", car l'on ne sache pas que l'ensemble des musulmans français adoptent les points de vue de ces prédicateurs.

Sollicitée en début de semaine, la mairie rappelle qu'en sa qualité elle n'a pas à intervenir dans l'accord liant deux sociétés commerciales -l'organisatrice du Salon et la société qui exploite le parc des Expositions. Par ailleurs, à moins d'un risque de trouble à l'ordre public, selon le droit français, la préfecture du Val d'Oise n'est pas fondée non plus à interdire ce rassemblement.

Si la liberté d'expression en France est en effet valable pour tous dans le cadre de manifestations privées, la question peut cependant se poser de l'opportunité d'autoriser des discours prosélytes appelant ouvertement à une réislamisation de la jeunesse justifiant le viol des femmes non voilées et prônant un racisme que ne renieraient pas les hystériques "islamophobes".

Le 12 et 13 septembre prochain se tient le "Salon Musulman" du Val d'Oise au Parc des Expositions de Pontoise sur le thème "La femme à l'honneur" (lien ici: http://www.salon-musulman-valdoise.com/).

Sous couvert d'un nom évocateur d'une célébration du rôle de la femme au sein de la communauté musulmane, ce Salon compte parmi ses invités des prédicateurs fondamentalistes (programme ici: http://www.salon-musulman-valdoise.com/saf/?uid=programme), tels que Nader Abou Anas, connu pour avoir légitimé le viol conjugal et plus largement la soumission de la femme (un exemple saisissant ici: https://www.youtube.com/watch?v=FGB0WIfd2FY).

Dans cette vidéo, on voit le prédicateur Nader Abou Anas, conférencier invité du Salon, prêcher en toute transparence des propos inadmissibles sur les femmes: "Voilà la femme vertueuse, c'est celle qui obéit à son mari"; "La femme, elle ne sort de chez elle que par la permission de son mari"; "Restez dans vos demeures, ça c'est la base"; "Le soir, il a un besoin, il a une envie, elle lui dit non, et elle ment en lui disant je suis fatiguée, je peux pas, je suis ci, je suis cela , et l'homme il craque [...] et bien qu'elle sache que les anges la maudissent toute la nuit dans le cas où elle se refuse à son mari sans raison valable"; "Attention ma sœur à ne pas prendre de sa poche sans son autorisation, faites très attention, ça fait partie des choses qui font des tremblements de terre dans la maison".

Ces prédications ne doivent pas être prises à la légère par les pouvoirs publics dans un tel climat de radicalisation de l'Islam. Il est évident que de tels discours vont à l'encontre non seulement de l'égalité homme-femme, mais aussi de la position d'une grande majorité de musulmans, victimes de stigmatisations de par la visibilité de prédicateurs intégristes prônant des idées incompatibles avec la République.

Il est indispensable de lutter en amont contre le fondamentalisme. La Ville de Pontoise peut et doit s'opposer à cette manifestation idéologique!

Signez cette pétition afin d'exercer une pression sur la commune de Pontoise, qui doit prendre ses responsabilités!

ISLAMISME - Comme le rappelle L'Obs dans une brève publiée jeudi 10 septembre au soir, le programme des conférences du Salon musulman du Val d'Oise a été repéré par des internautes, et en particulier l'écrivain Waleed al-Husseini (1), source de cette alerte. Quelques rares voix s'en sont fait le relais, dont Yaël Mellul (2) et Christine Le Doaré (3), scandalisées par le fait que de tels discours puissent être promus en France, et atterrées par le silence des associations féministes. Quant au monde politique, seule Céline Pina (4) s'est publiquement exprimée.

Nous avons rencontré Waleed al-Husseini et Céline Pina.

Réfugié en France où il a publié Blasphémateur ! Les prisons d'Allah, récit de son calvaire dans les geôles palestiniennes en raison de l'expression de son athéisme, Waleed al-Husseini livre un combat idéologique sans merci à l'islamisme: "Le radicalisme islamique représente un danger pour toute société libre parce qu'il tente d'y introduire la charia. Pour atteindre leur objectif, les islamistes retournent notre laïcité contre elle-même dans le but de la détruire."

Interrogé au sujet des prédicateurs attendus à Pontoise, il réaffirme son combat pour la liberté de celles "qui ne sont pas des esclaves, contrairement à ce que prétend" Abou Anas. "Ce troisième Salon devrait être interdit", tranche-t-il, "car ce qui s'y déroule est contraire aux valeurs de la République, à la liberté, aux droits des femmes".

Une prise de position qui devrait faire l'unanimité chez tous les défenseurs éclairés des droits des femmes. Etonnamment, leur silence est assourdissant.

"Les décideurs craignent d'être accusés d'islamophobie", avance l'écrivain. Du côté de la conseillère régionale Ile-de-France, Céline Pina, même son de cloche: "Pour des partis exsangues, sans visions ni repères, le communautarisme et son pendant, le clientélisme, sont les seuls moyens de contrôler des territoires et d'assurer la pérennité de leur pouvoir, serait-ce au prix de la trahison des principes qui fondent la sphère publique. Ici il s'agit d'un maire de droite, Philippe Houillon, mais le silence assourdissant de tous les élus du territoire est révélateur, notamment celui du député-président de l'agglomération PS, Dominique Lefebvre. Ce n'est pas ici une question de personnes mais de système", précise-t-elle.

Céline Pina n'est pas la seule élue à dénoncer le clientélisme religieux comme unique réponse à l'abstention massive des électeurs. L'ancien adjoint au maire de Cergy Pierre Bouchacourt s'en était fait l'écho en février dans les colonnes du HuffPost.

Pourtant, la frilosité intellectuelle à cet égard continue d'arguer qui d'un risque de stigmatisation, qui d'un ethnocentrisme colonial, qui de voix engrangées pour le Front National. Mais les médias, si souvent mis en cause pour leur traitement infâmant de l'islam par les associations qui promeuvent le concept d'islamophobie, ne devraient-ils pas, au contraire, enquêter sur ces réseaux armés idéologiquement et les dénoncer sans relâche? "Au final, le grand gagnant c'est le FN, qui parait regarder les choses en face quand les autres partis se complaisent dans le déni, alors même que garantir les principes de la République n'est pas dans ses intentions. Cherchez l'erreur...", déplore Céline Pina.

_______________________
(1) Waleed al-Husseini, Blasphémateur ! Les prisons d'Allah, éditions Grasset, 14 janvier 2015.
(2) Yaël Mellul est féministe et présidente de l'association "Femme et libre". Elle est à l'initiative de la création du délit de violence conjugale à caractère psychologique.
(3) Christine Le Doaré est juriste, ancienne présidente de SOS Homophobie et du Centre LGBT Paris IdF, féministe et abolitionniste de la prostitution.
(4) Céline Pina est conseillère régionale Ile-de-France PS.

Tag(s) : #islam, #manipulation, #cognition & croyances, #criminalité sexuelle, #maltraitance, #société, #Libertés, #République -Laïcité, #Féminisme, #fascisme

Partager cet article

Repost 0