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Riyad, champion des atteintes aux Droits humains, fait le forcing pour être élu à la tête du Conseil des Nations-Unies, dont la présidence doit revenir à l'un des membres du continent asiatique.

L'Arabie saoudite se voit bien à la tête du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Le même pays qui recrute des bourreaux pour décapiter ses condamnés à mort, fait fouetter le blogueur Raef Badawi et interdit aux femmes de conduire...

Le Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies, organisme de 47 Etats membres, voit le poste de son président renouvelé chaque année. Cette année, la présidence doit revenir à un membre du continent asiatique. Les 47 membres sont eux-mêmes élus par l'Assemblée générale, à bulletin secret, pour une durée de cinq ans non renouvelable. Chine, Russie et Arabie Saoudite sont entrées au Conseil en 2013. Quant au Bureau, il est composé de cinq membres, un de chaque continent, la présidence donnant lieu à une rotation.

Les Saoudiens ont commencé à courtiser les 12 autres membres du groupe Asie-Pacifique, parmi lesquels les Emirats arabes unis, le Kazakhstan, les Maldives ou la Chine.

Il aurait été nommé discrètement en juin, mais il prend tout juste ses fonctions. Faisal bin Hassan Trad, ambassadeur de l’Arabie saoudite à l'Office des Nations unies à Genève, a pris, lundi 21 septembre, la tête du panel du Conseil des droits de l'homme. La publication de sa nomination a immédiatement provoqué la colère des défenseurs des droits humains. En tête, l'ONG UN Watch, qui juge, dans un communiqué (en anglais), "scandaleux que les Nations unies choisissent un pays qui a décapité plus de personnes que l'Etat islamique" pour ce poste-clé.

Faisal Trad prend en effet la tête d'un groupe de cinq diplomates, dont le rôle est notamment de choisir les experts chargés d'observer et rapporter les atteintes aux droits de l'homme dans le monde. Or, l'Arabie saoudite a exécuté au moins 80 personnes depuis le début de l'année 2015, et "détient sans doute le pire des records en matière de liberté religieuse et de droits des femmes", poursuit UN Watch. Les minorités (ethniques, religieuses, sexuelles) et les opposants politiques y sont également sévèrement traités et régulièrement condamnés.

Une "catastrophe", selon un diplomate occidental

Dans son dernier rapport, Amnesty International précise en outre que "les autorités ont pris pour cible la communauté des défenseurs des droits humains, petite mais active, et elles ont utilisé les lois antiterroristes pour réprimer ses activités pacifiques qui visent à dénoncer et à combattre les violations des droits humains". La militante Ensaf Haidar estime que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU donne ainsi "le feu vert" à l'Arabie saoudite "pour recommencer à fouetter" Raif Badawi, son mari, opposant au régime et blogueur saoudien, condamné à recevoir 1 000 coups de fouet.

Comme l'explique Géopolis, l'Arabie saoudite a longtemps fait campagne pour remplacer l'Allemand Joachim Rücker à ce poste. En mai, un diplomate occidental confiait à La Tribune de Genève : "Si jamais elle y parvient, ce sera une catastrophe pour le Conseil des droits de l’homme. Cela risque de nous renvoyer aux pires heures de l’ancienne commission qui avait sombré dans le discrédit."

Tag(s) : #Islam, #Libertés, #Peine de Mort, #Athéisme, #Maltraitance, #Féminisme

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