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Hoda Charaoui (au centre), la « première féministe arabe » qui, en 1923 au Caire , enleva son voile en public. Photo : Drôle de Trame/FTV
Hoda Charaoui (au centre), la « première féministe arabe » qui, en 1923 au Caire , enleva son voile en public. Photo : Drôle de Trame/FTV
"La Révolution des femmes, Un siècle de féminisme arabe" sur France 3 à minuit. La chaîne diffuse ce jeudi soir, malheureusement à une heure tardive, un documentaire qui retrace toute l’histoire du féminisme arabe, en remontant jusqu’à 1899.

Lors des soulèvements de Tunisie et d’Égypte, en 2011, les femmes étaient en première ligne. Mais la lutte pour l’égalité des sexes dans le monde arabe a déjà une longue histoire, que nous propose de redécouvrir ce passionnant documentaire de Feriel Ben Mahmoud. Sait-on qu’un certain Kassem Amin, dès 1899, osait s’attaquer, en Égypte, au symbole du voile ? « Imposer le voile à la femme est la plus dure et la plus horrible forme d’esclavage », affirmait-il sans ambages. Quelques décennies plus tard, en Tunisie, la figure de proue du féminisme est encore un homme, Tahar Haddad.

Comme son aîné égyptien, il s’en prend à l’obligation de porter le voile. Comme lui également, il ne s’oppose pas à l’islam mais à ses interprétations traditionalistes. Haddad se prononce, de surcroît, pour l’abolition de la polygamie et de la possibilité qu’ont les maris de répudier leurs femmes. Des revendications qui seront traduites en actes en 1956 par Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne. La Révolution des femmes revient aussi, bien évidemment, sur la « première féministe arabe », Hoda Charaoui.

Un jour de 1923, celle-ci ôte son voile en public, à la gare du Caire, sous les applaudissements de nombreuses femmes. Elle fondera l’Union féministe égyptienne, luttant pour l’indépendance matérielle des femmes, l’égalité politique et sociale avec les hommes et la coopération entre féministes arabes et européennes.

S’il analyse bien les avancées de l’émancipation des femmes au moment des indépendances, le documentaire n’omet pas non plus ses limites. Il montre, en particulier, comment le colonialisme occidental, en instrumentalisant la cause des femmes, a fait le jeu des conservateurs (un phénomène particulièrement patent en Algérie).

Au total, Feriel Ben Mahmoud parvient à embrasser une diversité de situations et de pays (il est aussi beaucoup question du Maroc et de l’Arabie saoudite) sans jamais perdre son fil conducteur : l’égalité.

Un petit voyage très éclairant, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes.

Kubra Khademi s'est promenée vêtue d'une armure dans le quartier le plus peuplé de Kaboul pour protester contre le harcèlement. Mais la performance a tourné court.

"Au début, je voulais marcher dix minutes, mais au bout de huit minutes je me suis précipitée dans un taxi." Kubra Khademi savait à quoi elle s'exposait. Relayé par le site participatif de France 24 "Les Observateurs", le témoignage de la jeune artiste afghane relate une performance unique en son genre.

Le vendredi 27 février vers 18 heures, la jeune fille de 26 ans traverse comme tous les jours le quartier de Kote Sangi, en plein cœur de Kaboul. Sauf que cette fois, Kubra a revêtu une tenue inhabituelle. Une armure en acier recouvre toutes les parties de son corps quotidiennement visées par les remarques et les attouchements des passants. Un harcèlement de rue qui, d'après son témoignage, n'a fait qu'empirer depuis son enfance.

Je me disais qu’il fallait que je réagisse, que je me batte, que je réponde aux insultes que me lancent les hommes dans la rue", explique-t-elle. [...] J’ai décidé de faire cette performance pour faire comprendre aux hommes le calvaire que vivent les femmes au quotidien."

Comme elle pouvait le craindre, la performance tourne court. Au bout d'une poignée de minutes, poursuivie par l'hostilité grandissante de la foule qui commence à l'insulter et lui lancer des pierres, elle doit fuir. Les amis qui l'accompagnent pour photographier l'événement ont tout juste le temps de s'interposer pour qu'elle puisse monter dans un taxi et échapper au lynchage.

"Les femmes doivent abattre le mur du silence"

Plus tard, des habitants de la ville en colère iront même la chercher chez elle. Mais la jeune fille, qui fonde ses performances sur le "langage corporel", en a profité pour aller se réfugier chez des amis en banlieue de la capitale. 

"Je pense que le règne des Taliban, puis les 13 ans de guerre qui ont suivi ont détruit nos valeurs et notre culture", regrette-t-elle.

Les femmes doivent abattre le mur du silence, parler de ce problème autant que possible et faire pression sur les autorités pour qu’elles réagissent. Ma génération doit briser ce cycle infernal."
Femmes du monde arabe en lutte pour l’émancipation
Tag(s) : #islam, #Libertés, #Féminisme

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