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Les 4 princesses filles du monarque saoudien Abdallah font toujours parler d’elles. Et elles ont décidé de ne plus jamais se taire. Un exploit compte-tenu du blocus qui leur est imposé.
Deux d’entre elles ont accordé la semaine passée un entretien via skype au correspondant du journal Assafir.

Divorce et séparation

Auparavant, c’est leur mère, divorcée du roi saoudien qui a fait de son mieux pour soulever leur affaire. Vivant à Londres, elle a révélé devant les medias occidentaux qu’elles étaient séquestrées depuis plus de 12 années en Arabie saoudite.

Dernièrement, elle a indiqué aussi qu’elles ne se trouvent pas toutes les quatre ensembles dans un même endroit. « Elles sont emprisonnées au moins dans deux endroits », a-t-elle indiqué.

Issue d’une tribu jordanienne de grande renommée, Al Fayez, elle avait quatorze ans lorsque le roi Abdallah l’a épousée, alors qu’il en avait 44 et occupait à cette époque le poste de commandant de l’armée. « Mon mariage était ordinaire, arrangé à travers la famille. Et mon divorce aussi a été ordinaire. Là-bas, les hommes divorcent quand bon leur semble », explique-t-elle.

Comme elle se plaignait souvent de son entourage, c’est ainsi que son premier divorce a eu lieu. Elle s’est remariée avec lui une deuxième fois, mais pas pour longtemps. « Entre 1984 et 1985, je ne m’en souviens plus quelle année, nous nous sommes séparés de nouveau, définitivement ».

Elle est restée auprès de ses filles jusqu’en 2003, date à laquelle elle décida de se rendre en Grande Bretagne. « La santé de mes deux filles Hala et Maha se détériorait. Elles ne disposaient plus d’aucun soin médical. C’est pour cela que j’ai décidé de partir. Ils refusaient même que je prenne soin d’elles. Ils les ont isolées parce qu’ils voulaient les détruire psychologiquement. Jusqu’à présent, elles sont toujours loin de leur sœurs », explique-t-elle. L’une des deux filles serait anorexique et souffre de troubles mentaux, alors que l’autre est asthmatique.

Princesses sans frère

Depuis son départ, ses filles subissent un dénigrement même de la part des autres membres de la famille du roi saoudien. Et les deux autres princesses Sahar, l’ainée âgée de 42 ans et Jawaher, la cadette se sont retrouvées à leur tour totalement isolées.

« Nous sommes séquestrées depuis 12 ans, mais maintenant la situation est devenue plus difficile. Nous sommes toujours sous contrôle. Il nous est même interdit de sortir pour acheter à manger. En réalité, nous sommes coupées du monde depuis près de 14 années », raconte Sahar, âgée de 42 ans.

« Notre problème est que nous sommes quatre filles et nous n’avons pas de frère », déplore-t-elle.

Sahar rapporte comment il leur est interdit de voyager pour poursuivre leur études dans des disciplines non enseignées en Arabie. Seule la princesse Hala a poursuivi ses études, en psychologie et a par la suite travaillé comme enseignante à la faculté puis comme employée dans un hôpital. C’est là que les pépins ont commencé.

Prisonniers politiques

« Hala a découvert la présence de prisonniers politiques qui étaient introduits dans les services des maladies psychologiques, où ils étaient maltraités et humiliés. Raison pour laquelle elle s’est plainte auprès des directeurs de l’hôpital, mais elle s’est trouvée à son tour dans une situation similaire à ces prisonniers », rapporte Sahar.

Indifférence de l’ONU

Ce qu’il y a de plus difficile pour ces princesses est qu’elles sont abandonnées à leur sort. Même l’organisation des Nations Unies fait comme si de rien d’était. Sachant que leur mère lui a envoyé un message ainsi qu’au président américain Barak Obama, avant sa dernière visite à Riad.

« L’ONU n’a jamais bronché. Nous n’avons reçu aucune réponse de sa part. Ce n’est que lorsque nous avons fait notre apparition dans les medias qu’elle a répondu, et par le biais des médias seulement », regrette Sahar.

« C’est tout le dossier des Droits de l’homme en Arabie qui est totalement négligé de la part des Occidentaux. Seuls leurs intérêts prévalent. L’Arabie est l’un des pays qui violent le plus au monde les droits de l’homme, et qui exerce l’une des répressions les plus féroces. Personne de ces dirigeants du monde n’ose soulever cette question. Nous demandons aux gouvernements de donner l’ordre aux Etats des respecter les droits de l’homme, de respecter nos droits, de respecter les droits des femmes, et les droits du peuple saoudien… Nous sommes comme le peuple saoudien » souligne Sahar.

Selon elle, il suffit d’avoir une certaine revendication, d’avoir une pensée différente pour être réprimé en Arabie et la situation de la femme y est exécrable.

Elle se rappelle s’être plaint en personne de cette situation auprès de son père lorsqu’il était encore prince héritier, en évoquant les cas innombrables de filles qu’elle avait rencontrées en banque ou ailleurs, et dont les pères confisquaient les salaires, sous prétexte qu’ils sont leur tuteur. En vain.

Séquestrées à jamais?

En ce qui les concerne, elles ont appris lors d’une dernière rencontre avec lui, depuis deux ans, que leur situation de séquestration se poursuivra même après sa mort. Et c’est leur frère Metaab qui en est chargé.

« Aie pitié, un brin d’humanité », réclame Jawaher d’un ton pitoyable. « 13 années ou peut être plus sont suffisantes, ça suffit 13 années d’enfer ! »

Sahar continue sur un ton plus révolté : « Père, nous sommes encore là. Nous ne quémanderont plus nos droits. Nous réclamons nos droits. Ils nous reviennent ».Et Jawaher de reprendre son courage : « Nous allons tout le temps parler. Nous allons faire parvenir notre voix… »

Affaire à suivre ! (Assafir et Al Manar)

Tag(s) : #islam, #maltraitance, #Géopolitique, #Féminisme

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